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២១ កុម្ភៈ ២០២១ / 21 February 2021

(*) Gavroche, 21 février 2021

HUN SEN, UN HOMME FORT TOUJOURS CONFRONTÉ A LA SOIF DE CHANGEMENT

Leader de l’opposition cambodgienne en exil, Sam Rainsy collabore régulièrement à Gavroche. Il suit évidemment de près la situation politique dans son pays. Or que se passe-t-il dans le royaume selon lui ? Au pouvoir depuis 36 ans le Premier Ministre Hun Sen fait face à une crise politique sans précédent. Celle-ci résulte du désir de changement d’une majorité de plus en plus grande de la population.

Une analyse de Sam Rainsy sur la situation politique au Cambodge

Les jeunes de moins de 36 ans représentent plus de 70% de la population cambodgienne. Ils rêvent de voir un autre paysage politique que celui dessiné par Hun Sen depuis leur naissance. Ils n’ont connu que le régime autoritaire et corrompu actuel qui est synonyme de pauvreté et d’injustice. Pour ce qui est du niveau et des conditions de vie reflétant l’emploi, les salaires, l’éducation, la santé et la qualité des infrastructures, ils considèrent Hun Sen comme responsable du retard de plus en plus criant accumulé par le Cambodge par rapport aux pays voisins dans un monde moderne où tout se voit et tout se sait instantanément.

Issu de la guerre

Le régime Hun Sen est issu de la guerre et des conflits idéologiques des années 1970. Il est dirigé par d’anciens Khmers Rouges reconvertis à la dernière minute. Il apparaît de plus en plus archaïque et anachronique et, de ce fait, tremble dans ses fondements mêmes.

La menace vient d’une opposition démocratique qui incarne le désir de changement de la population et dont la montée en puissance s’est accélérée à partir de 2013 avec l’émergence du Parti du Salut National (PSN). Malgré une fraude électorale systématique, l’opposition — unie pour la première fois — a remporté presque la moitié des sièges à l’Assemblée nationale. Ce fut un tremblement de terre politique qui a semé la panique dans les rangs du parti au pouvoir . Une secousse similaire s’est produite quatre ans plus tard avec les élections locales de 2017 où le PSN a remporté un succès identique et confirmé son enracinement dans toutes les catégories sociales sur tout le territoire national.

Peur de Hun Sen face à l’opposition démocratique

Il est clair pour Hun Sen que cette vague déferlante de l’opposition démocratique qui est le reflet de tendances démographiques et sociétales très fortes, ne peut plus être contenue par des moyens démocratiques. Pour rester au pouvoir, il lui faut changer les règles du jeu ou changer de jeu carrément, ce qui veut dire abandonner le jeu démocratique.
Surgit alors une première contradiction: comment, sans opposition, maintenir au moins une façade de démocratie que le Cambodge est censée présenter après les Accords de Paris de 1991 et qui est nécessaire pour continuer à recevoir une aide précieuse de l’Occident?
Mais tant pis, qu’à cela ne tienne car il en va de sa survie politique: en novembre 2017 — à moins d’un an des élections législatives de 2018 qu’il risquait de perdre — Hun Sen fait tout simplement dissoudre le PSN qui représentait la seule opposition parlementaire. Cette élimination arbitraire et soudaine de l’opposition a permis au parti au pouvoir présidé par Hun Sen lui-même de rafler 100% des sièges à l’Assemblée nationale aux législatives de juillet 2018. C’est le retour à un système de parti unique comme à l’époque communiste qui a vu la naissance politique de l’homme fort actuel du Cambodge.

Succession de contradictions

A la première contradiction portant sur le but d’éliminer l’opposition, a succédé une deuxième contradiction portant sur la méthode. Pour éliminer l’opposition d’un trait de plume Hun Sen n’a rien trouvé de mieux que d’accuser personnellement le président du PSN, Kem Sokha, de “trahison” et de “sédition avec la complicité des Américains”. Ce langage accusateur rappelle la paranoïa meurtrière des Khmers Rouges et les polémiques outrancières de la guerre froide. Il est incompatible avec l’image d’un Cambodge en paix avec lui-même et avec le reste du monde.

Rien d’étonnant à que le prétexte utilisé par l’ancien commandant militaire Khmer rouge Hun Sen pour éliminer l’opposition et démanteler la démocratie au Cambodge ne soit pas acceptable pour l’Occident. L’Union Européenne et les Etats-Unis ont appliqué des sanctions et menacent de les alourdir si Hun Sen ne rétablit pas les règles du jeu démocratique, à commencer par la levée des accusations absurdes à l’encontre de Kem Sokha.

La troisième contradiction de Hun Sen est d’ordre tactique et relève de l’utilisation maladroite de tribunaux aux ordres. Le dictateur est pris à son propre piège: s’il laisse tomber ses accusations à l’encontre de Kem Sokha, il devra réhabiliter le PSN parce que blanchir Kem Sokha serait l’aveu que le parti d’opposition a été dissous à tort. Le PSN devra alors être autorisé à participer aux prochaines élections locales (2022) et législatives (2023). Une telle perspective sera à nouveau une source de peur pour Hun Sen. C’est la quadrature du cercle .

Rien ne peut avancer sur le plan de la procédure judiciaire. Parce que la survie politique de Hun Sen l’empêche d’innocenter Kem Sokha, le procès de ce dernier est reporté d’année en année depuis son arrestation en 2017. Il s’agit pour Hun Sen de gagner du temps en prenant Kem Sokha en otage. Cette manœuvre dilatoire est la seule tactique que Hun Sen peut se permettre parce qu’il ne peut pas organiser un vrai procès pour Kem Sokha pour la seule raison qu’il n’existe aucune preuve sérieuse pour justifier les accusations portées contre le chef de l’opposition.

Alliance dangereuse avec la Chine

Le cumul de contradictions qui entachent les manœuvres de Hun Sen conduit inévitablement à des choix absurdes qui s’étendent aux alliances internationales. Parce que sa dérive totalitaire suscite des condamnations de plus en plus vigoureuses de la part de l’Occident dont l’aide à son régime se tarit de plus en plus, Hun Sen se tourne vers la Chine qui ne lui demande pas de comptes à propos du respect des droits humains. Cette réorientation dangereuse de la politique étrangère se produit à un moment où seule la Chine est capable de satisfaire les besoins financiers de plus en plus énormes du régime corrompu de Hun Sen en échange de facilités portuaires et aéroportuaires dont Pékin a besoin pour poursuivre sa politique expansionniste en Asie. Son allié cambodgien lui fournit également un précieux soutien diplomatique au sein de l’ASEAN.

En mettant fin à la démocratie au Cambodge d’une façon arrogante au regard des objections occidentales, Hun Sen a été amené à mettre fin aussi à la neutralité de ce pays. Pourtant, démocratie et neutralité sont prescrites aussi bien dans les Accords de Paris de 1991 sur le Cambodge que dans la Constitution de ce royaume adoptée en 1993.

Le mépris des principes et l’arrogance de Hun Sen face aux remontrances de l’Occident vont vite se heurter à des limites car, contrairement à son protecteur chinois, le petit dictateur cambodgien n’a pas les moyens ni la puissance de mener une politique du fait accompli.

Pas de fait accompli concernant le Cambodge

Hun Sen aurait tort de s’inspirer de certains “exploits” diplomatiques de la Chine qui sont autant de viols de notre conscience. Le cas du Tibet avec la destruction d’une fière nation incarnée par le Dalai Lama, celui du Xinjiang avec la persécution et l’assimilation forcée des Uyghurs, et celui de Hong Kong avec le bâillonnement de ses protestataires épris de liberté, sont autant de faits accomplis présentés comme irréversibles que la Chine a pu imposer à la communauté internationale en utilisant une diplomatie musclée de superpuissance économique et militaire.

Mais l’assassinat de la démocratie au Cambodge — qui est garantie par un traité international — et la violation de la neutralité de ce pays — qui peut avoir de sérieuses conséquences sur la sécurité et la stabilité régionales — ne seront jamais acceptés et reconnus comme des “faits accomplis irréversibles” par la communauté internationale, notamment l’Occident et ses alliés qui possèdent des moyens de pression qu’un Hun Sen faible et dépendant ne pourra pas ignorer.

Sam Rainsy

Source: http://www.gavroche-thailande.com/…/114059-cambodge…

(*) The Geopolitics, 16 February 2021

NO IRREVERSIBLE FAIT ACCOMPLI IN CAMBODIA’S POLITICAL CRISIS

By Sam Rainsy

Cambodia’s prime minister Hun Sen, who has been in power for 36 years, is now facing an unprecedented political crisis. This results from the desire for change held by an ever-increasing majority of the people.

Young people aged less than 36 represent more than 70% of the population. They dream of a new political landscape which breaks with that defined by Hun Sen since their birth. All they have known is the current authoritarianism and corruption, which goes hand in hand with poverty and injustice. In terms of employment, education, health and infrastructure, they hold Hun Sen responsible for the ever-more obvious gulf which has opened up between neighbouring countries and Cambodia. This cannot be hidden in a world in which everything can be seen instantly.

The Hun Sen regime is the result of war and ideological conflict in the 1970s. The regime is led by former Khmer Rouge members who converted at the last minute. Such a regime is an archaic political anachronism, and its foundations are shaking.

The threat to the regime comes from a democratic opposition which represents the population’s desire for change. The rise of the opposition accelerated in 2013 with the emergence of the Cambodia National Rescue Party (CNRP). Despite systematic electoral fraud, the opposition, which was united for the first time, won almost half the seats in the national assembly. This was a political earthquake which sowed panic in the ranks of the ruling power. Its impact was confirmed four years later with the local elections of 2017. The CNRP achieved an identical success and confirmed that it had strongly established itself at the grassroots level all over the country.

Hun Sen’s fear of the democratic opposition

It’s clear to Hun Sen that this wave of democratic opposition, which is the result of deep-seated demographic, economic, social and technological trends, can’t be contained by democratic means. To stay in power, he has to change the rules of the game or the game itself, meaning abandoning the democratic competition.

This leads to a first contradiction: how to maintain at least a façade of democracy which Cambodia is supposed to present since the Paris Peace Agreements of 1991 and which is needed to continue to receive precious Western aid?

Political survival trumped this consideration and in November 2017, less than a year before the legislative elections of 2018 which he risked losing — Hun Sen simply dissolved the CNRP, then the only parliamentary opposition. This sudden and arbitrary elimination of the opposition allowed the ruling party led by Hun Sen to take 100% of the seats in the national assembly in the legislative elections of July 2018. Cambodia thus returned to the single-party system of the Communist era which spawned its current “strongman” leader.

A succession of contradictions

The first contradiction inherent in the aim of eliminating the opposition was followed by a second contradiction of method.

To wipe out the opposition with the stroke of a pen, Hun Sen could come up with nothing better than to personally accuse the leader of the CNRP, Kem Sokha, of “treason” and “sedition with the complicity of Americans”. Such language recalls the murderous paranoia of the Khmer Rouge and their outlandish Cold War propaganda. It is incompatible with the image of a Cambodia at peace with itself and the rest of the world. Understandably, the pretext used by Hun Sen — a former Khmer Rouge military commander — to eliminate the opposition and kill democracy in Cambodia is unacceptable for the West. The European Union and the US applied sanctions and threatened to increase them if Hun Sen did not return to the rules of the democratic game, starting with the dropping of the absurd accusations made against Kem Sokha.

Hun Sen’s third contradiction is a tactical one linked to the use of a subservient judiciary. He is in a trap of his own making: if he drops the charges against Kem Sokha, he has to rehabilitate the CNRP. To absolve Kem Sokha is to admit that the opposition party was wrongly dissolved. The CNRP must therefore be allowed to participate in the next local (2022) and legislative elections (2023). Such a prospect is a source of fear for Hun Sen, who has no way to square the circle.

Because Hun Sen’s political survival prevents him from recognising Kem Sokha’s innocence, the latter’s trial has been delayed from one year to the next since his arrest in 2017. This allows Hun Sen to play for time while holding Kem Sokha as hostage. These delaying tactics are the only ones open to Hun Sen. He can’t hold a real trial for Kem Sokha for the simple reason that there is not a shred of evidence to support the accusations against the leader of the opposition.

Dangerous alliance with China

Fear is leading Hun Sen to absurd choices, including in his choice of international alliances. His lurch into totalitarianism has drawn increasingly strong condemnation from the West, and Western aid to the regime has been whittled away. So Hun Sen turns to China, which asks no questions in terms of human rights. This dangerous shift has been carried out at a moment when only China is capable of meeting the ever-growing financial needs of the corrupt Hun Sen regime in exchange for the port and airport facilities which Beijing needs to continue its expansionism in Asia. A Cambodian ally likewise provides valuable diplomatic support for China within ASEAN.

Ending democracy in Cambodia and the arrogance shown in the face of Western objections means that Hun Sen has also ended the country’s neutrality. Yet democracy and neutrality are laid down in the Paris Peace Agreements of 1991 and Cambodia’s constitution adopted in 1993.

No irreversible fait accompli

Hun Sen’s unprincipled arrogance will quickly reach its limits because, unlike his Chinese protector, the small Cambodian dictator has neither the means nor the power to impose a fait accompli.

Hun Sen would be wrong to seek inspiration from some of China’s diplomatic “exploits” which are a stain on our conscience. The case of Tibet with the destruction of a proud nation represented by Dalai Lama, that of Xinjiang with the persecution and forced assimilation of the Uyghurs, and that of Hong Kong with the gagging of protestors who have been deprived of their liberty, are fait accomplis which China has imposed on the international community through the forceful diplomacy of an economic and military superpower.

But the killing of democracy in Cambodia — which is guaranteed by an international treaty — and the violation of the country’s neutrality — which would certainly have far-reaching implications for the security and stability of the region — will never be accepted and recognised by the international community as an irreversible “fait accompli”. This is especially true of the West and its allies, who have levers of pressure that a weak and dependent Hun Sen cannot ignore.

Sam Rainsy
Sam Rainsy, Cambodia’s finance minister from 1993 to 1994, is the co-founder and acting leader of the opposition Cambodia National Rescue Party (CNRP).

Source: https://thegeopolitics.com/no-irreversible-fait-accompli…/

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